Est-ce de l’ordre de la métaphore, ou plutôt de l’analogie qu’il nous amène à faire avec notre propre quotidien d’humain, je ne saurai trop dire, mais le cheval est clairement un coach de vie… Prenons l’exemple d’avant hier soir : belle séance de sol avec ma magnifique jument grise, Daenerys, suivie d’un parcours de pôles où je me fixais pour but DE NE PAS chercher à voir LA bonne distance de l’obstacle mais plutôt de la sentir grâce à un rythme régulier.
En effet, ceux qui pratiquent l’équitation connaissent l’enjeu; la recherche de LA bonne distance… Plus on cherche, moins on trouve, plus on scrute, moins on voit. Alors pourquoi tant chercher à voir ? Sans doute un réflexe déclenché par la peur dans mon cas, puisqu’il est apparu de paire avec elle. J’ai une trouille pas possible des départs trop loin de l’obstacle, une peur qui est apparue il y a plus de 40 ans, le jour où j’ai vu ma grande amie d’enfance prendre une débarque spectaculaire parce que son cheval avait quitté le sol beaucoup, mais alors là beaucoup trop loin d’un immense oxer dans lequel le duo a atterri avant de flipper sur le dos. Il a fallu quelques secondes pour que cheval et amie se relèvent. Par miracle, pas de blessé… Mais cette chute m’a quand même marquée suffisamment pour passer de très très brave à très très chicken, comme le disait mon coach à l’obstacle.
Depuis ce jour, je cherche a voir LA bonne distance à tout prix sans doute afin d’éviter les départs trop loin du saut.
Toujours est-il que pour y arriver, je devais consacrer toute mon attention à garder un rythme régulier. C’est en soit une bonne stratégie mais ça fonctionnait plus ou moins bien. C’est alors que je me suis souvenue de ce conseil d’un pro que j’ai lu sur un site trouvé en tapant sur Internet : «comment voir ses distances en saut d’obstacle». Il parlait effectivement de l’importance du rythme régulier «avoir un bon galop» mais il disait surtout qu’il n’y a pas de mauvaise distance si votre cheval reste en équilibre et pour lui permette d’y arriver, le cavalier doit lui-même se concentrer à garder un équilibre plus que parfait tout au long du parcours, afin de ne pas nuire à celui de son cheval. À partir de là, je me suis concentrée uniquement sur ma position et mon équilibre dans les tournants plutôt que de tenter de contrôler l’allure de mon cheval et je n’ai plus loupé une seule distance. Ni longue, ni Georgette (départ bcp trop près de l’obstacle)… tout s’enchaînait facilement et j’arrivais chaque fois là où il fallait malgré un parcours que je complexifiais à mesure que je prenais confiance.
Conclusion :
Occupe toi de toi pis toutttt va ben aller!
Il est rare qu’on nous encourage à ne penser qu’à nous et pourtant, n’est-ce pas une des meilleures façons d’éviter de nuire à l’équilibre de ceux qui nous entourent ?
Merci DD, message compris ! et tu me connais, je suis une manne d’occasions d’applications possibles dans ma vie d’humain ! photo : Élise Genest et Christine Baby
